Si vous êtes quelqu'un qui écoute beaucoup de stoner, bravo,
vous avez de bons goûts (rien de nouveau sous le soleil vous me direz). Si vous
en écoutez, je peux parier aisément que vous avez des goûts assez variés
puisque sous l’égide du stoner on trouve des tas d’autres genres qui lui sont
affiliés comme le heavy psych, le doom ou encore tout ce qui touche au revival
70’s. Et c’est justement ce dernier qui nous intéresse aujourd'hui puisque nos
cousins montréalais des Hazytones
surfent sur cette vague.
The Hazytones, du pur stoner occulte
Je vais être franc dès le début, ce premier album des Hazytones est une franche réussite.
Voilà c’est fait, maintenant entrons un peu plus dans les détails. La jaquette
de l’album, quelque peu vintage, est un bon indicateur sur ce qu’on va écouter :
du bon vieux heavy metal qui nous vient tout droit du passé, lorsque Black Sabbath était encore à ses débuts.
Et lorsque vient les premières notes de ‘Light of the Day’ on ne peut plus se
tromper, on plonge directement dans les années 1970 où les groupes étaient
encore fréquemment qualifiés de sataniques. Par ailleurs, je me demande comment
l’album aurait été perçu s’il était sorti quarante ans plus tôt : tout ici
nous fait penser à de la musique occulte, même le mastering semble venir tout
droit de cette époque bénie du rock n’ roll.
The Hazytones
propose donc quelque chose de connu mais de savamment bien orchestrée, que ce
soit au niveau du son qui est vintage à souhait ou bien dans la qualité des
riffs et des solos qui composent les différentes pistes de l’album. Même s’il
est rare de faire un coup de maître dès le début, l’album a de très bons
morceaux tels que ‘Day of the Dead’ (le refrain est excellent, surtout la
puissance du riff !), ‘Kill to Survive’ ou encore ‘Free From Your Spell’. La
voix de Mick Martel joue un très grand rôle, elle colle parfaitement à la
musique du groupe et je me demande même si la musique ne tourne pas autour
puisque c’est bien elle qui ajoute cette touche d’occultisme au son du groupe.
Et lorsque le chanteur est accompagné des voix de ses deux autres acolytes, je
vous garantis que le résultat est on ne peut plus sombre et obscur !
Que faut-il en retenir ?
Avec ce premier album, The
Hazytones va fortement marquer son territoire dans la vague du revival 70’s.
Tout ici est bon à prendre et sonne résolument comme ce qu’on pouvait entendre
à l’époque. Les morceaux se déroulent les uns après les autres sans pourtant qu’on
éprouve une quelconque lassitude et on arrive vite au bout de l’album avant de
le réécouter une seconde fois. Je ne sais pas pourquoi, mais lors de l’écoute j’ai
souvent pensé aux teutons de Kadavar.
Non pas que Hazytones sonne pareil –
loin de là – mais ils ont cette même faculté à nous catapulter quarante ans
dans le passé ; d’ailleurs si le groupe avait existé à cette période, je
suis persuadé que le vinyle s’achèterait discrètement pour ne pas être qualifié
de suppôt de Satan…